Car ce qui s'évanouit quand on exclut le Cinéma du champ du Réel, en proclamant sa fin dans
des installations funéraires, ce n'est finalement pas le Cinéma mais le Réel. Le réel ne s'atteint pas dans le réel, mais dans la Fiction. Le Réel est une construction de la Fiction (de
l'Imaginaire, de la Pensée). Opposer le réel à la fiction, comme le font les Huyghe et les Gordon, c'est se priver de le toucher jamais par quelque moyen que ce soit (peinture, sculpture, cinéma,
littérature). Gordon a beau exhiber la durée réelle de l'action d'un Ford, ou le vrai chef d'orchestre de la musique d'Hitchcock, et Huyghe tirer de sa manche la Blanche Neige réelle dont le
corps était enseveli sous les oripeaux d'un cartoon et le vrai braqueur d'un film policier célèbre, revenant cette fois pour braquer son acteur, ce qu'ils déconstruisent ce n'est pas les procédés
de la Fiction, c'est sa validité fondamentale. Et ce dans tous les arts, pas seulement le cinéma. Ils rejoignent ainsi le camp des Iconoclastes, qui protestaient (en brisant les icônes) contre la
capacité attribuée aux images (par la tradition orthodoxe) de montrer Dieu. Vieille querelle, que d'une certaine façon Aristote et Platon avaient déjà
vidée. Ce qui ne date pas d'hier. Ainsi de quelque côté qu'on la prenne, la ready-madisation du cinéma sent le rance.
Pourquoi le rêve ? Parce que c'est le grand alibi, le rêve, de la pensée. C'est la pornographie. C'est l'empêchement de passer à l'action, en politique par
exemple, c'est le grand ennemi. Surtout, mais surtout, ça n'existe pas. On ne rêve jamais.
Et puis j'ai l'impression que le monde s'épuise. Les images s'épuisent, l'énergie s'épuise. Depuis que c'est le paradis sur terre, nous vivons sans lendemain. Nous ne sommes plus dérangés, la
contrepartie c'est le terrorisme. Mais nous sommes au paradis.
Cette excroissance dans ma tête, c'est ma tête. Cette excroissance n'est pas une tumeur, ce n'est pas non plus un petit morceau de chair qui pousse n'importe
comment. Non. C'est un nouvel organe, une nouvelle partie de cerveau… Le signal vidéodrome réussira à créer une nouvelle excroissance du cerveau
humain. Et qui aura une telle maîtrise des hallucinations que cela changera la réalité humaine. Après tout, il n'y a rien de vraiment réel en dehors de notre perception du réel ?
C'est cela l'esprit du temps : sans aucune conspiration d'une puissance quelconque qu'on pourrait désigner, tout conspire, au sens de respire dans le même sens, pour les mêmes résultats,
c'est-à-dire l'insignifiance.
Pour que vous aimiez quelque chose il faut que vous l'ayez vue et entendue depuis longtemps, tas d'idiots.
La technologie, telle que l'envisagent les films du complot des années 70, ne sert plus l'individu mais l'instrumentalise. Elle redéfinit de fait les termes
d'une menace, non plus centrée mais diffuse, qui se dissimule au sein de systèmes réticulaires dont il s'agit de décrypter le fonctionnement . (…) Désormais, la conspiration se confond avec
le réseau lui-même (…) Ainsi selon Gilles Deleuze : Le pouvoir ooculte se confond avec ses effets, ses supports, ses médias, ses radios, ses télévisions, ses microphones : il n'opère plus
que par la reproduction mécanique des images et des sons (…) chez Lumet, le complot c'est le système d'écoute, de surveillance et d'émission du Gang Anderson ; Network, aussi bine, double la ville de toutes les émissions et écoutes qu'elle ne cesse de produire, tandis que le Prince de New
York enregistre toute la ville sur bande magnétique.
Imaginaire, fonction spécifiquement humaine qui permet à l’homme contrairement aux autres espèces animales, d’ajouter de l’information, de transformer le monde
qui l’entoure. Imaginaire, seul mécanisme de fuite, d’évitement de l’aliénation environnementale, sociologique en particulier, utilisé aussi bien par le drogué, le psychotique, que par le
créateur artistique ou scientifique. Imaginaire dont l’antagonisme fonctionnel avec les automatismes et les pulsions, phénomènes inconscients, est sans doute à l’origine du phénomène de
conscience. […]
Il n’y a rien de plus absurde que le terme de « recherche » appliqué à une œuvre d’art. Il ne fait en réalité que dévoiler quelque impuissance, un vide
intérieur, un manque de véritable sens créateur, et une vanité misérable qui ne vaut rien. « Un artiste qui recherche… », que de médiocrité derrière ces mots ! L’art n’est pas de la science pour
se permettre de procéder à des expérimentations. L’artiste qui s’arrête à cette expérimentation, qui ne passe pas à l’étape intime indispensable à l’achèvement d’une œuvre, ne peut atteindre le
but suprême de l’art.
Pour la première fois dans l’histoire des arts et de la culture, l’homme avait trouvé le moyen de fixer le temps, et en même temps de le reproduire, de le répéter, d’y revenir autant de fois
qu’il le voulait. L’homme était en possession d’une matrice de temps réel. Une fois vu et fixé, le temps pouvait désormais être conservé dans des boîtes métalliques, théoriquement, pour toujours.
(…)
C’est terrible de constater que tout ce qu’on peut faire de plus radical, la structure en est déjà dans ce qui s’est imprimé dans ton cerveau d’enfant.
J'apprends à vouloir tout et à n'attendre rien, guidé par la seule constance d'être humain et la conscience de ne l'être jamais assez.
[…]
En moi gronde une ville, grouille la foule dessaoulée, ses envies au hachoir.
A moi s’agrippent des grappes de tyrans, des archanges aux blanches canines. Tueurs de mémoires à la conscience obèse, jouent du Varèse.
Qu’on me disloque. Qu’on me dispatche. Qu’on m’évapore.
Qu’on me disperse. Je suis noir de monde. Qu’on me disperse.
Je suis noir de monde.
[…]
Ce n’est pas le passé qui nous domine, ce sont les images du passé.
Les gens de Paris ont l’air toujours d’être occupés, mais en fait, ils se promènent du matin au soir ; la preuve, c’est que lorsqu’il ne fait pas bon à se promener, trop froid ou trop chaud, on
ne les voit plus ; ils sont tous dedans à prendre des café crème et des bocks. C’est ainsi ! siècle de vitesse ! qu’ils disent. Où ça ? grand changement ! qu’ils racontent. Comment ça ? Rien
n’est changé en vérité. Ils continuent à s’admirer et c’est tout. Et ça n’est pas nouveau non plus. Des mots, et encore pas beaucoup, même parmi les mots, qui sont changés ! deux ou trois par-ci,
par-là, des petits…
L’une des fonctions principales d’un ami consiste à subir (sous forme plus douce, et symbolique) les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis.
Soudain, il ressentit alors une terreur plus grande que celle qu’aucune des Formes aurait pu lui inspirer — une terreur qu’il ne pouvait fuir parce qu’elle faisait partie de lui-même. Le passage
de la première Porte lui avait enlevé un peu de son équilibre et lui avait fait douter de son apparence physique et de ses relations avec les objets qui l’entouraient mais il n’avait pas altéré
son sens de l’unité. Randolph Carter était resté Randolph Carter, un point fixe dans le bouillonnement dimensionnel. Par-delà l’ultime porte, il comprenait à présent, dans un éclair de frayeur
destructrice qu’il n’était pas une seule personne mais une foule de personnes.
Anna : Ça va être beau.
Eddie : Il a retrouvé ce que les autres ont oublié, le temps.
Jeff : Je ne retrouverai mon calme que quand il sera anéanti.
Une identité c’est d’abord un secret. on ne peut partager qu’avec qui sait se taire.
… il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du 20°
siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler,
ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc, et d'avoir appliqué
à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.
Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire,
partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.
On ne touche pas aux avantages acquis. quand a-t-on touché (caressé) les avantages acquis ?
Nous sommes dans un pays qui a deux caractéristiques étonnantes qui n’existent dans aucun des pays industrialisé (dont) la première, c’est que ceux qui peuvent le faire trouvent naturel de
prendre les français en otage pour satisfaire leurs revendications
Fargier - Duras - Van Gesthalt - Cronenberg - Picabia -
Thoret - Laborit - Tarkovski - Guyota - Vaneigem
- Bashung - Steiner - Céline - Huxley - Lovcraft - Fassbinder - Monod - Césaire - Chirac
Je ne vous salue pas.