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  • Flash Gordon

Présentation

Profil

  • : Clarac
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  • : Homme
  • : 26/03/1970
  • : Marseille PACA panier Port St louis cité radieuse
  • : musique cinéma art littérature graphisme
  • : cinéaste vidéo et performer vit à Marseille. Il fabrique des fictions longs métrages de genre depuis 1994 ("mano a mano", "la vie même"). Il a commencé "l’assassin anglais" en 2002 (fin de la 2ème phase en 2008), films de SF paranoïaque et

Saison2 Symptômes

Tentative d’analyse 2

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Le bateau Ivre – A. Rimbaud

L’assassin anglais, saison 2, c’est la Phase critique. Entendre le jeu de mot entre la dimension critique du film et le point d’incandescence, le point critique, la masse critique atteinte avant que tout n’explose. Elle se compose de 3 épisodes qui se répondent en diptyque. L’épisode 2, l’autre apocalypse, c’est le pivot qui fonctionne avec l’épisode 1 Lovecraft machine, pour dire une chose de la constatation d’un monde pourrissant, de l’épuisement de ce monde, de ces ressources naturelles, politiques, artistiques, de sa consommation jusqu’à sa consumation. L’autre apocalypse, c’est l’arrivée d’un messie par les eaux, l’arrivée de Jerry Cornélius par la mer en Christ ressuscité, c’est le moment de la masse critique. L’épisode 2 avec l’épisode 3, l’état du monde, pour le retour à cet état du monde-même qui n’en finit pas de se déliter.
Les deux premiers épisodes marchent ensemble de cette manière : il s’agit de préparer la venue du messie. Dans le 1er épisode le pré-générique débute avec la mallette, boîte de pandore, que Job finira par ouvrir à la fin du 2ème épisode pour déchaîner une nouvelle apocalypse, l’autre apocalypse, c’est-à-dire l’ultime venue du Christ, un type pour sauver le monde, quoi ! Dans le 2ème épisode, le pré-générique, c’est Una Personn dans sa baignoire, qui en sort, prend le risque de mettre un pied par terre, l’épisode finit avec l’arrivée de Jerry Cornélius/Jésus Christ par la mer.
Les deux épisodes, le 2 (l’autre apocalypse) et le 3 (l’état du monde) eux, fonctionnent avec cette montée vers des lendemains qui chantent avec un point culminant à la fin de l’épisode 2, jusqu’à une inversion littérale de l’image, jusqu’à son négatif. Et le contact de Miss Brunner avec le nouveau messie polymorphe triomphant sorti des eaux. L’épisode 3 L’état du monde, malgré des nouvelles radiophoniques enchantées et enchanteresses, ne mène qu’à la constatation d’un monde qui ne change pas mais va à sa perte, s’enfonce inexorablement. Jerry Cornélius sortit de la mer n’est qu’un homme qui se cache dans sa baignoire, l’horreur est sans nom : Hiroshima, guerre du Viet-Nam, déportation, Sarajevo, Rwanda… Le héros tant attendu se cache, à recherche d’une sorte de sécurité matricielle (baignoire, eau chaude, apnée) sécurité qui ne se trouve plus auprès des femmes indépendantes et autonomes, inquiétantes et qui n’ont plus besoin des hommes.

Una Personn sort de la baignoire dans le pré-générique donc. Et puis on la verra au pied du Corbusier (l’antre du mal incarné par Franck Cornélius qui l’habite comme un psychotique dans un hôpital psychiatrique). Elle part du rez-de-chaussée, par l’ascenseur où elle croise le fantôme vampire de sa sœur, femme à 3 têtes en fondu enchaîné, sorte de trinité ; elle monte jusqu’à la terrasse, l’air libre, fracasse un homme avec une certaine délectation sous les yeux d’une autre qui ne bouge pas médusée. Una Personn est la gorgonne, méduse qui flingue (voir le plan ralenti de ses cheveux qui volent dans le vent) : on aura beau se cacher derrière des miroirs, ce qu’elle flingue, elle le transforme en pierre (représentant encastré dans le mur). Mais elle est aussi Pandore qui déchaîne les maux de l’humanité sur terre.
L’épisode 2 et une longue progression de situations différentes et qui montent en acmé ça commence par un montage parallèle : Job Ramirez et la mallette qu’il veut ouvrir, Una Personn vengeresse au Faux-château le Corbusier et Miss Brunner au bord de mer dans l’attente de Jerry Cornélius ; même si les situations se déroulent plus ou moins dans les mêmes temps, les plans n’offrent pas vraiment de simultanéité ou de causalité entre eux, il y a des falshbacks (Una Personn fracasse le crâne du zouave sur la terrasse du Corbusier), des arrêts dans l’action (Una Personn et le fantôme de sa sœur dans l’ascenseur, Dimitri qui attend sa dose et la danse du “petit représentant“, Una, qui prend le temps de regarder à travers les fenêtres, l’extérieur, Franck qui fait son discourt sur le marketing, Job qui tourne autour de la mallette et se rebelle contre l’Evêque en lui imposant de se taire). Ce montage parallèle se transforme petit à petit en montage alterné. Toutes les situations sont alors en rapports par rapprochement visuel et sonore, raccords d’élément, récréation du corps du christ avec plusieurs corps, symboles et allégories : un manteau rouge qui s’envole devient un coup de feu. La main de Jerry Cornélius, main qui sort de l’onde, ouverte en supination devient la main trouée de Franck Cornélius le frère. L’ouverture de la mallette par Job Ramirez rejoint les coups de feu et la destruction ; la boîte de Pandore est ouverte et c’est Una Personn qui figure tous les maux de la terre, donc Pandore elle-même. Et là l’allégorie s’inverse puisque Pandore tue ce qui est considéré dans le film comme les maux de la terre eux-mêmes : les représentants.

Il s’agit de faire se rejoindre toutes les histoires du monde : mythologies, récits bibliques, fables dans un processus figuratif qu’il soit littéral, en écho ou par des associations. De faire appel à des inconscients collectifs de spectateurs, des réminiscences par collures, flashs, collusions pour raconter ce monde en perdition. Ce monde instable, au bord du gouffre, qui va à sa perte est lui-même instable par la façon d’être conté, raconté dans L’assassin anglais, puisque les personnages et situations s’anéantissent dans la prolifération des signes, symboles, allégories, renversements, défaillances du scénario, des personnages, des croyances.

Cette histoire qui était déjà une doublure du monde en forme de cauchemar, par son négatif : rapports pervers érigés en norme, figure corrompue et répugnante des pouvoirs (Franck Cornélius le chef d’entreprise est le mal incarné, l’ecclésiastique dégoûtant, la scène d’amour physique sans sexe, sans amour vécue comme une prédation avec Miss Brunner et le professeur Hira) de l’épisode 1 et 2 s’inverse dans l’épisode 3, mais cette inversion n’est pas possible.
L’envers de l’envers n’est pas l’endroit. L’épisode 3 dit une chose et en montre une autre. C’est la machine Lovecraft en action, c’est la boîte de Pandore qui donne accès au multi-univers : tout est possible et son contraire. Tous les films de S.f qui parlent du voyage dans le temps le disent, si vous changez le cours du temps, vous créer un paradoxe, une autre réalité, pas celle que vous connaissez, une autre. Ici dans l’épisode 3, c’est comme si plusieurs réalités coexistaient. Ainsi l’envers de la fiction prend la forme d’images documentaires pour commencer l’épisode 3 : guerre en Irack, Rwanda, Viet Nam, Hiroshima, essais nucléaires, camp de concentration, raccord sur des points qui explosent qui deviennent des regards, raccord sur des regards jusqu’à l’aveuglement. Documentaire et fiction se mélangent et co-existe dans une confusion contemporaine. L’œil de Jerry Cornélius affleure à la surface, l’horreur n’est pas une prise de conscience qui nous ferait nous lever, bondir hors de nous, c’est un poids qui nous enfonce, ici dans une sorte d’impuissance, tandis que Jerry s’enfonce dans sa baignoire, on se noie dans un verre d’eau. Ensuite la radio, les médias racontent les aventures du messie Cornélius/Brunner qui résout tous les maux de l’humanité : guerre, famine, maladie, économie, accidents telluriques qui engendre la destruction. Et le film par son régime d’images aux couleurs crasseuses, saturées, bascule dans l’ombre, le délitement, l’engluement dans des situations banales : Dimitri Van Gesthalt est devenu l’un des meilleurs représentant de sa boîte, il baise, se rase, prend son café que sa petite femme lui a préparé, part au boulot jusque dans le centre commercial. Il finit dans le désert, face à la mer, ensablé, animal insecte, kakfkaïen.

Pourtant cet engluement s’explique par des absences, tellement d’absences que nous sommes manipulés mentalement comme le dit en critique Franck Cornélius. Cette absence est celle de la filiation. Les personnages de L’assassin anglais n’ont pas de père, ni de mère, et pas d’enfant. Ils flottent dans un monde sans genèse, ni finalité, du coup à chaque fois, ce qu’il faut ré-inventer ce sont toutes ces histoires, ces fables, ces mythes qui ressurgissent mais de manières confuses, indistinctes, perturbées. Nous n’avons aucun héritage à transmettre car ce que l’on nous a transmis c’est le chaos et la destruction sans espoir d’un monde meilleur. Lorsque la boîte de Pandore fut ouverte, tous les maux se déversèrent sur terre : Vieillesse, Maladie, Guerre, Famine, Misère, Folie, Vice, Tromperie, on dit que Pandore referma la boîte trop tard pour les retenir, et que seule l'Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée...

(à suivre)
Tentative d’analyse 1 : La machine Lovecraft

Le premier épisode de La saison 2 de L'assassin anglais débute avec des corps malades, mais aussi des esprits malades, comme on dirait d'un esprit pervers qu'il est malade. Le DRH est l’un des premiers personnages à apparaître, le premier qui parle vraiment : les sons sortent de sa bouche sans post-synchro.
D’abord ça commence par un montage cut, faux-raccords, extraits de parole du DRH fébrile, montage fébrile. Ça raccorde sur un écran d’ordinateur, travelling avant et accéléré d’une zone commerciale, une photo d’Una Personn, femme-image s’interpose devant l’écran, un bras menotté tient la photo, puis se gratte ostensiblement, retour sur le 2ème écran en un plan qui permettra d’introduire Lomax, l’architecte, master of Formule one en extérieur jour ! Il gratte la vitre d’une voiture stationnée sur un parking d’hôtel Formule 1. Tu crois au bonheur familial toi ? question lancée à on ne sait qui.
Ensuite, ça revient en intérieur jour, un panoramique nous montre le DRH seul, sans interlocuteur, il parle de la misère d’un monde auquel il appartient, auquel il participe, c’est intelligible, volubile et puis ça s’entrecoupe. Il dit qu’il a le corps comme attaqué, il nous le démontre en rigolant d'abord, avec un spasme joué, sans trop y croire, et puis petit à petit ça vient, il mange une barre chocolatée, pour se calmer, mais c'est parti : son conditionnement fout le camp, son corps est attaqué, pris de convulsions. Des fausses convulsions aux vraies… il se traîne bientôt par terre, tremblant, bavant, se recroqueville, disparaît à moitié sous une table en plongée, corps sans tête.
Les convulsions et équivalents épileptiques sont bien souvent des symptômes de maladies autres. Ces crises traduisent l'expression de la souffrance cérébrale. Ici dans L'assassin anglais cette crise traduit une crise de l'auteur lui-même, sa contradiction-même : son désir de fiction, son amour du cinéma et une crise de croyance, croyance dans le monde, croyance dans le cinéma, croyance dans la fiction, qui mène à un paradoxe entre dépendance, addiction aux images et refus d'en faire par saturation d'images et de sons (en électronique, on parle de saturation pour les amplificateurs électroniques lorsque la tension d'entrée ou de sortie de l'amplificateur a atteint le maximum de ce que peut fournir l'amplificateur.) Ce monde : environnement, écologie, social, politique, un monde de la pensée, de l’art, ce monde est malade. Et ce qui est malade par-dessus tout c'est le corps du film lui-même : son histoire, la fiction, l'incarnation de ses personnages.

L'épisode entier est pris dans ce malaise, ce mal-être : comment continuer à croire, la croyance ayant été mis à bas par la pensée, mais aussi par le système capitaliste et son agent de contrôle premier, le marketing ? Croyance, dans les images et les signes et symboles, dissoute. Images vidés de leur substance par saturation, prolifération et retournement sans fin, et ce sinistre cynisme de l’époque…
Dimitri van Gesthalt, l'esclave sexuel de Miss Brunner, se gratte le bras convulsivement, il est menotté devant son écran d'ordinateur, il surveille, le DRH, il fait le lien avec Lomax, mais il est sous dépendance, dépendance médicamenteuse, dépendance des images, dépendance de cette jeune femme (Alice Odessa) qui fait elle-même image, femme-image/image-femme qui lui fournie sa drogue.

Un corps malade, un corps lourd, un poids mort pour Lomax dans sa caisse sur le parking du Formule 1 – l’hôtel pas la voiture (On ne croit même plus en l'architecture, et c'est ça l'architecture du futur) ! Lomax se débat dans ce réduit, il est à l’intérieur de l’habitacle, il soulève, secoue le corps mort pour lui faire changer de place, le mettre à la bonne place, la place du mort ! Le mort, c'est celui qui ne conduit pas en l'occurrence. Sous les yeux de cette jeune femme à travers le pare-brise, assise sur le capot de la bagnole, comme ses magazines de charme où l’on voit poser des filles qui se dénudent sur des voitures de sport, mais là, la femme n’a qu’un mouvement vers sa cheville dénudée, nous ne sommes pas sur le parking d’une propriété de Malibu, et la voiture n’est pas une voiture de sport. Mais c’est encore une femme-image, elle s'intéresse si peu à tout ça, puisqu’elle n’intéresse qu’elle-même.

Il y a la maladie mentale de Franck Cornélius, qui jacte, jacasse dans une volubilité incompréhensible, regard caméra goguenard, on n'y croit pas, on est dans un film, je joue un personnage dans un film, comment croire ? Comment vouloir croire encore alors que toutes les histoires ont déjà été racontées, puisqu'elles se confondent dans le siècle avec les idéologies de la mort ! La fiction au service des psychopouvoirs ! Le cinéma nous dit comment désirer dit Slavoj Zizek dans son Pervert's Guide To Cinema, c’est encore plus vrai avec le marketing de masse. Franck parle d'un scénario du pire qui n'existe pas mais qui pourrait exister dans une sitcom à la con ! Que des malades ! Et au milieu, Franck Cornélius se balade seul dans les couloirs du Corbusier, la Cité Radieuse, mais il pourrait tout aussi bien être dans les couloirs d'un hôpital psychiatrique.
Sa main est bandée, il a des problèmes de préhension, encore un corps malade, cicatrice au visage. Homme de pouvoir mais sans main qui ne croit pas réellement à ce qu’il nous raconte (on pourrait, ça pourrait).


L’Evêque Beesley et son esclave-chien à quatre pattes, Job Ramirez. A job, son Job, c’est d’être un tueur, tueur sans main, nu, corps né-amputé qui se comporte comme un chien, tandis que l’évêque baffre avec application. J’ai toujours vu dans ce corps, celui de Jean-Clair Bonnel l’acteur qui est Job, la revendication (inconsciente, inconvenante) d’une époque, l’impossibilité pour notre génération de manifester, privée de main, il nous faut travailler sans. Qu’il puisse être un tueur débile est incongrus. Mais on parlait de corps débile au siècle dernier…  D’ailleurs Job ne parle pas, il râle, il grogne, il parle dans une langue étrangère ; il y a cette impossibilité de manifester, de faire jouer notre corps dans le corps social qui est malade lui-même, puisqu’on l’ampute petit à petit de ses libertés, de ses désirs. L’invention de nouvelles langues nous pourraient-elle nous redonner goût et croyance au monde finissant ? l’art donc… D’ailleurs Jean-Clair Bonnel, l’acteur et créateur de Job Ramirez, est artiste, peintre et inventeur de langues, poète…
L’Evêque Beesley et Job Ramirez au presbytère sont dans une situation perverse, l’évêque est joué par une femme qui se délecte : il/elle mange une sorte de mélange un peu dégoûtant et indéfinissable – le bloubiboulga de notre enfance ? Et lui se traîne à ses pieds. Corps réduit à des considérations organiques : respirer, grogner, râler, gros plan sur les oreilles, la bouche, le nez, les dents, la cage thoracique qui se soulève comme si le corps était habité par autre chose qu’un être humain…
Si la scène est terrible, c’est par une sorte de sentiment de dégoût qui se noue entre cet esclave servile et son maître qui se goinfre, mais on reste encore en dehors de l’émotion, tout se déroule sous nos yeux sans que vraiment nous y participions.

Miss Brunner, grande prêtresse physicienne vampire, et le Professeur Hira avec ses cheveux rouges scientifique fou, jouent à un jeu pervers, leurs rapports sont tordus, leur relation est prise dans un rapport de pouvoir incompréhensible. Rapports humains malades, confus dénué d’émotion, c’est une femme-image dont le pouvoir principal est la fascination, elle fait disparaître carrément le corps même du Professeur Hira au terme d’une sorte de coït qui ne dit pas son nom. Il ne reste qu’elle, en travers du lit, qui s’étire…
On est dans un désir, désir de se perdre, d’être absorbé et dissout. Désir pervers. La libido n’a pas fini d’être épuisée et pourtant on vit une époque qui l’épuise (marketing et consommation). C’est le sens de la consommation qui, pour Bernard Stiegler, est un détournement de la libido, le capitalisme comme grand détournement de la libido jusqu’à son épuisement. Les signes et images en sont l’agent. Images-désir, image-femme (ou homme), objet de consommation, d’absorption, de dévoration.
Désir sans fin du vampire-junkie jamais repus, jamais rassasier d’images dont la vérité n’est plus l’objet. La question de la réalité a été évacuée avec celle du vrai et du faux, seule l’image reste, parce que ressasser ad nauseam comme dans un film porno, l’image qui est devenue sa propre vérité, et qui devient pour nous la seule réalité dont il nous est impossible de nous sevrer.

On verra à la fin de l’épisode cette maîtresse image-femme, Miss Brunner, mordre le cou de son esclave sexuel — qui est aussi le réalisateur — apposer la marque de ses dents sur le cou de sa victime consentante, laisser son empreinte jusqu’à ce que les images s’accélèrent, saturent, deviennent incompréhensibles, I.R.M de cerveau, couloir du Corbusier, soleil rouge, femme fatale, homme ensanglanté jusqu’à un effet quasiment cinétique et subliminal. Ce qui se passe dans cette accélération des images, c’est une sorte de court-circuit du cerveau par une saturation, corps et cerveau intimement liés, secousse, convulsion du montage, comme le corps du DRH au début.
L’entropie nous gagne, énergie centripète, hybridation de l’intérieur avec l’extérieur. Nous vivons cette accélération et nous ne reviendrons pas en arrière. Les personnages sont hybrides, eux qui jouent à être eux, acteurs, non acteurs, images-femmes, stéréotypes-hommes, archétype du mal… hybrides comme le film.
Accélération et qui mène à un travelling latéral sur le Corbusier, faux château, extérieur nuit, retour au calme, bâtiment inquiétant en contre-nuit.

 

A suivre


Aujourd’hui, nous voyons bien que le problème n’est plus de la même nature. (L’évolution de l’homme par le développement technique). Nous voyons bien que ce processus d’extériorisation semble arriver à son terme et que c’est un processus d’intériorisation de la technique qui est vraisemblablement en train de se mettre en place […] C’est en effet un processus d’hybridation — qui peut certes donner le sentiment d’une ubris, et donc d’une démesure , sinon d’un crime.Une hybridation entre le vivant et le non vivant, entre l’artificiel et ce que l’on appelle le naturel.
Economie de l’hypermatériel et psychopouvoir
Bernard Stiegler.
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