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La Phase 1
Le programme aléatoire
Un film laboratoire en forme de série télé
une fiction en 11 épisodes de 8' réalisé en 2003/2004
asylumnights sur YouTube
Phase 2 : la phase critique 3 épisodes de 26'
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cinéaste vidéo et performer vit à Marseille. Il fabrique des fictions longs métrages de genre depuis 1994 ("mano a mano", "la vie même"). Il a commencé "l’assassin anglais" en 2002 (fin de la 2ème phase en 2008), films de SF paranoïaque et
Phase 1 : le programme aléatoire en forme de notes - un mythe zen grec
Quand irons-nous, par-delà les grèves et les monts, saluer la
naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer — les premiers ! — noël sur la terre !
Matin – Une saison en enfer
Arthur Rimbaud
Mister Moorcock
L’Assassin Anglais dont je vous ai emprunté le
titre et les personnages qui me semblaient en libre service n’est pas une adaptation de vos livres que j’ai lus à 12 ans. Le cycle de Jerry Cornelius est comme toute œuvre d’art, ouverte, une
boîte à outils permettant de relire et relier le monde, un témoin que l’on se passe, une flèche que l’on envoie. L'Assassin Anglais Phase 1 est plutôt une
variation de plus, comme vous l’aviez créé, au même titre que Le garage hermétique de Jerry Cornélius de Monsieur Mœbius. L’Assassin Anglais est un
film qui prend la forme d’une série TV de 11 épisodes à suivre de 8’, réalisés mois après mois, avec un résumé des épisodes précédents. C’est une improvisation sur un an. Une sorte de
construction organique qui a été avant tout un laboratoire d’images et de sons. La flèche de Zénon d’Elée (-495) vole et est immobile, une histoire grecque comme un conte Zen. La flèche décochée n’atteint jamais sa cible car pour
cela elle doit parcourir la moitié de sa trajectoire. Ensuite elle doit parcourir la moitié de ce qui reste, puis la moitié de la moitié etc. de sorte qu’elle n’atteint jamais sa cible. Les
personnages se sont construits petit à petit, d’un épisode à l’autre, comme les épisodes, sans idée préconçue à partir des disponibilités des acteurs. Alors le récit reste immobile et le montage
construit une génétique filmique. On
contamine le monde avec des représentants en éponge sous influence. Montage proliférant comme une maladie, une contagion du réel. Montage comme instrument de la fiction. Une image entraîne une
autre image et les personnages se demandent constamment qui ils sont — tout comme le spectateur — confusions identitaires, caractères perméables, personnages fractionnés, dédoublés et confondus.
Une cellule se divise en d’autres cellules. Certaines cellules s’autonomisent, se développent — Principe de cette série laboratoire. Une autre variation : Jerry Cornélius — Jeremiah Cornélius — dans cette ville qui sommeille,
pourrait être aussi la transposition d’un personnage local — une vraie personnalité — oui Jer Corn pourrait être Edmond Dantès, le fameux comte de Monte Cristo, trahi par un frère — amoureux
d’une sœur. Catherine Cornélius est Mercedes. Cette salope de Miss Brunner, Javers — mais c’est une autre histoire, Una Personn — ou Persson en suédois — cette jeune esclave affranchie qu’il
garde près de lui pour accomplir sa vengeance. Savoir s’il y a un rapport entre L’Abbé Faria, source d’espoir, et moyen de quitter la prison avec ce gros et gras Evêque Beesley qui a perdu du
poids ? Et Job Ramirez le tueur de l’évêque ? mais oui bien sûr, c’est Jean Valjean. Le château d’If et l’île de Monte Cristo. L’île, c’est la cité Radieuse du Corbusier devenu le
faux-château le Corbusier. Des îles pour se protéger, des îles qui emprisonnent. Jerry Cornélius est sous l’eau. Il y a des reflets de toutes sortes. Des fois, on dirait l’écume des mers du sud. Y’a pas de poissons. Des canards à
la rigueur. Des canards en plastique jaune. On les entendrait — les canards, alors on ne les verrait pas, comme dans un film de Tati. Jerry Corn serait sous l’eau. Combien de temps en
apnée ? combien de temps Jerry Cornélius peut-il rester sous l’eau sans respirer ? Pourtant, Jerry Cornélius n’apparaîtra jamais dans cette première phase, Le programme aléatoire. C’est Franck, Franck Cornélius son petit frère jaloux tueur de femmes et amateur de bon café, qui ourdit des plans machiavéliques, c’est lui
qui s'expose comme un personnage de film muet dès le premier épisode parce qu’il n’y a d’histoire que du mal. La phase 2, La phase critique, et
la Phase 3; Les noirs épanchements sont en route. Mister Moorcock je vous dis mon admiration en cette nouvelle année dans ce monde hétéroclite, cruel
et violent, pardonnez une aussi longue lettre aussi décousue.
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