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Présentation

Profil

  • : Clarac
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  • : Homme
  • : 26/03/1970
  • : Marseille PACA panier Port St louis cité radieuse
  • : musique cinéma art littérature graphisme
  • : cinéaste vidéo et performer vit à Marseille. Il fabrique des fictions longs métrages de genre depuis 1994 ("mano a mano", "la vie même"). Il a commencé "l’assassin anglais" en 2002 (fin de la 2ème phase en 2008), films de SF paranoïaque et

Psychanalyse Dimitri vG


21-12

Souvent je fais des rêves, et je me réveille dans un éclat de rire. C’est singulier parce qu’une minute après, je n’ai absolument aucune idée de ce qui m’a fait rire. C’est pareil pour mes pensées, si je ne les dis pas tout de suite, elles s’échappent. Je m’étonne de la façon dont les gens qui passent à la télé parlent si bien. Enfin, on comprend ce qu’ils disent ! Pour ma part, ma pensée est toujours discontinue… commence un raisonnement et puis par association saute à une idée, qui en entraîne une autre… C’est comme ça que ça fonctionne la pensée, non ? Non ? Mais non à la télé, ça ne se passe pas comme ça, peu de gens bafouille par exemple. Moi, je bafouille, je prends du temps avant de former une phrase. Je la retourne dans tous les sens, ça n’est jamais très clair, et puis ça s’éclaircit — des fois — ça se précise, et si c’est une discussion avec quelqu’un ça devient plus facile — pas toujours — l’autre nous aide à dire… En même temps c’est toujours les mêmes qui passent à la télé, c’est peut-être à cause de leur maîtrise du langage, cette facilité qu’ils ont à dire… Des professionnels en quelque sorte, ils doivent apprendre à dire… y’a pas d’autre solution. Ils commencent une phrase et vont au bout. C’est clair. C’est peut-être comme cela qu’ils gagent leur droit d’être là, assis devant nous à se marrer, échanger des anecdotes toujours tellement drôles et intéressantes…
Je suis toujours très étonné de voir à la télé les mêmes visages, ça se combine, ça se succède, ça passe d’une chaîne à l’autre indistinctement, d’une émission à l’autre, on s’esclaffe autour de la table, souvent autour de la télé. Ça ri, ho oui putain, ce’ que ça ri ! Un peu trop fort. Ils savent qu’on les observe quand même. Une sorte de communauté est là, dont nous ne faisons pas partie mais qui vit là sous nos yeux, et notre désir d’être parmi eux… Mais y’a pas de renouvellement, jamais. On voit les mêmes et ça minaude, c’est familial, si ça ne fait pas de bien, mon dieu, ça ne fait pas de mal, hein ! L’aristocratie s’étale, on les nomme avec des mots qu’on invente pour les rassembler, pour ne pas les perdre, pour ne pas qu’ils se perdent. Mais c’est une sorte d’aristocratie, un certain pouvoir, celui de la visibilité… Au moins !
Peu importe ce qui se dit tant qu’on est dans la bonne humeur, les gens ne font jamais la gueule ! Ils nous doivent ça ! Ils nous doivent une bonne humeur égale, c’est le prix qu’ils payent pour être là sous nos yeux à s’étaler comme sur les devantures des kiosques à journaux. Ou bien parmi tous, y’en a un, un seul, qui peut faire la gueule, on l’invite pour ça, c’est celui qui dit des choses du réel, de la vérité, la caution qui valide le cirque. Oui c’est un cirque, n’en doutez pas ! Mais ce’qu ça minaude toujours non de dieu, y’a pas à chier ! En même temps, ça passe, c’est pas lourd, c’est light, ça ne fait que passer, y’a qu’à rester devant. Attendre que ça passe un bon moment.  Et puis, sur tous ces gens réunis sur le plateau, il y en a toujours un qui nous est sympa, celui qu’on aime bien, un familier, on aime ses chansons, ses films, ses bouquins, on sait qu’il est intelligent, généreux, c’est bien ce qu’il fait, ce qu’il dit, oui c’est vachement bien ce qu’il dit. Alors pourquoi, qu’est ce qu’il fout avec les autres ? Il vient vendre ses trucs, il a vraiment besoin de faire le représentant pour vendre ses trucs ? Besoin de vendre au porte-à-porte, son dernier album ? C’est pas grave, rien n’est grave en l’occurrence ici ; et quand on récolte l’argent des tumeurs, l’argent des mucoviscidoses, des enfants de la misère, y’a ce ton sérieux qui dit son ton sérieux. Ça redonde ! Faut faire gaffe ! Et pourtant ça continue d’être superficiel au défilé des monstres, au défilé des bons sentiments, et le pognon afflue alors, on continue ? On est bien persuadé là que tout ce cirque sert enfin à quelque chose, la télé fait son devoir pédagogique, culturel, entraide entre les peuples, récolte les fonds, dans l’élan national général, cette haute idée de la télé que nous avons, prend enfin son sens à la foire des bons sentiments, relier les gens dans l’enthousiasme nous les rends fier nos figures connues, nos figures domestiques, apprivoisées qui nous appartiennent comme nos photos encadré sur les meubles, sur la télé !


28-12

Margareth Thatcher ! Quelle femme ! Vous savez  ce qu'elle disait :
"Economics are the method; the object is to change the soul." C'est fort, non ? C'est envoyé en tout cas… Elle a dirigé le royaume pendant 11 ans ! J'en reviens pas. Cette femme, avec une vision politique, une vision du monde, "changer l'âme". Aujourd'hui, ils ne lui arrivent pas à la cheville, tous autant qu'ils sont. Aucun.



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Mais c'est avec ça que je vis tous les jours moi, je n'arrive pas à sortir de tout ça, vous comprenez ?!
C'est là, tout le temps, l'envie, la tentation permanente ! S
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Mais toutes les réponses à tout ça, toutes les réponses à tout ça sont les mêmes. Tout est valable, tout se vaut, qu'importe, je vous dis ça, j'ai de l'argent, pour me payer un psy tel que vous, faut en avoir du pognon, non ? Un gros paquet de pognon. Mon père ! C'est mon père, ho ça non, moi j'ai rien fait… Aujourd'hui, j'ai entendu un drôle de truc, à la radio, un journaliste servait la soupe à une pouffe du syndicat des patron… Le syndicat des patrons, pauvres messieurs… Je sais de quoi je parle, ho là ! Vous savez : être au service de la compétitivité, tout ça, la boonne femme demandait ce qui créé la valeur… Vous savez ce qui créé de la valeur, vous ? Les entreprises ? C'est ce que vous pensez ? C'est ce qu'elle a répondu, vous pensez, la patronne des patrons des plus grandes entreprises, bien sûr qu'elle va répondre ça, les entreprises !…
Non sans déconner, les entreprises qui créés les richesses, je me marre… C'est la bourse, la spéculation qui créée la richesse. Vous pensez pas que c'est le porte à porte ?! Des fois, je me mets dans la peau d'un type en costard cravate avec un attaché case, je fais ça parfois, pour faire du porte à porte. C'est un sacré truc le porte à porte, comme le télétravaille, vendre des trucs par téléphone, un sacré truc… Avec tout cet argent, je finance Jerry Cornélius depuis quelques années déjà, pour que tout ça change, et lui, il disparaît de la surface de la terre. Il me bouffe la vie ce type, vous comprenez ? Son absence me bouffe la vie ! Je suis qu'un passe temps pour Miss Brunner, elle m'utilise, son esclave sexuel… et moi bien heureux. Baiser avec des hommes, des femmes pour elle, les attirer dans ses filets… Je ne sais pas ce qu'elle fait, mais je peux vous dire qu'on ne revoit plus ces gens. Miss Brunner, grandre prêtresse du sexe…
Miss Brunner, oui, elle fait tout ça pour lui cette salope ! Tous ces gens qui disparaissent. Mais elle ne fait que leur donner tout ça, là, tout ces trucs dont on parle depuis aujourd'hui. Vous étiez en retard aujourd'hui d'ailleurs, on pourra prolonger ? Vous nêtes jamais en retard, c'est bizarre…


Je me suis réveillé doucement, je me suis levé, la tête lourde. Un moustique tournoyait comme un hélicoptère. J’ai été au salon sur le balcon, un jeune gars titube. Il fait beaucoup de bruit. Il cherche à soulever une machine à laver qui trône au milieu du trottoir. Je sais pas, je suis juste au-dessus. Il jette des coups d’œil autour de lui, comme s’il avait peur d’être surpris. La machine à laver est trop lourde. Il fouille la poubelle, à la recherche d’un levier, pour soulever le monde ? Il titube d’une poubelle à l’autre, va et vient, revient à la machine à laver, il la fait basculer d’un côté, puis de l’autre, s’en va. A présent il la fait glisser dans la rue. Il repart, ramène une palette en bois mal dégrossi, il soulève la machine tant bien que mal, la pose sur la palette. Il part. Il va au coin de la rue, il prend une poubelle qu’il fait rouler jusqu’à la machine, l’ouvre, la bascule (vérifie qu’elle est vide) en face de la machine la relève. C’es lourd, il peine, il tousse. Sisyphe. Ensuite, il s’en va, quitte la rue avec sa machine dans la poubelle qu’il fait rouler. Disparaît sur Athènes. L’aurore.  
Et puis je suis moine, je tiens une église, sacré, sacrum. Un producteur. De la peinture, de la vieille peinture. Non.
Le bleu de l’aurore est profond. Ce qui fait peur, c’est de ne plus être aimé, je crois. Peu importe par qui au fond. Nous jetons notre dévolu, nous disons c’est lui, c’est elle, parce qu’il/elle réveille en nous un vague souvenir, une réminiscence qui fait vibrer nos pensées et nos corps, la chimie fait le reste. Nous devrions porter l’amour en bandoulière. Vous en pensez quoi ? Nous devrions être apaisés mais nous avons besoin de ce stress pour nous mettre en tension, nous maintenir en vie. Qu’est-ce qu’un être humain sans conflit ? Un sage ou un mort ? On a besoin de raisons pour vivre, n’importe quelles raisons.

L'organisation nous fait défaut, tous, tout le temps, sans limite. L'entreprise est comme cela, elle est sans limite.


C'est à Hong Kong je crois que le cinéma d'action est né, que faire d'autre ? Les américains n'ont fait qu'emboîter le pas… Comme les romains ont copié les grecques, les colonnes, l'architecture, tout ça… Hollywood, voilà, Hollywood copie tout ce qui lui tombe sous la main, le cinéma d'action aussi. Charlie Chaplin ne réalisait pas de films d'action. Alfred Hitchcock non plus. Et Bruce Willis n'est pas un acteur de films d'action, Jet Lee, oui, non Bruce Willis est un acteur comique, on a juste voulu lui fair jouer des contre-emplois, faut voir le résultat, faut voir. Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? C'est san importance tout ça, je sais. J'arrive pas à dormir, faut me comprendre, je regarde les pinceaux lumineux défiler sur le plafond de ma chambre dans laquelle Miss Brunner m'a attachée pour la nuit, elle m'a abandonnée cette salope, alors qu'est-ce que je fais ?


J'étais pas jouasse l'autre jour, non ?
Vu le prix que je vous paye, vous pourriez me répondre, non ?
Bon alors je me casse !



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